[AVATARIUM #14] TRANSMISSION



Jusqu’en 1998, AVATARIA était MAD’S COLLECTIF et son festival s’appelait GAGARAGE. Son activité principale était l’organisation de concerts et, pour celles et ceux qui ont connu cette période, ils furent l’occasion de découvertes d’une qualité musicale et festive indéniables.
De cette époque, AVATARIA a gardé le goût d’une programmation de qualité et des rencontres improbables, transmis par feu son programmateur d’alors, Tony aka T.Oldrat.

Dès 1998, avec le changement de nom et l’arrivée d’une nouvelle génération de membres actifs, l’association a commencé à élargir son champs d’activités, en organisant les premières Linux party stéphanoises et autres rencontres autours de l’informatique libre, et en participant au Festival des Résistances.

Aujourd’hui, AVATARIA, c’est 14 années d’activités et autant d’éditions de son festival AVATARIUM, des envies toujours aussi pressantes de transmettre et de recevoir, d’être en mouvement, de profiter des expériences vécues et de la richesse des rencontres passées, présentes et à venir.

AVATARIA en quelques mots, c’est donc un festival, des rencontres, des échanges, de la musique, des concerts, des conférences, des discussions, des débats, des projections, des expos, de la danse, des performances, des ateliers, un journal, des zones de gratuité sur des places publiques, des collaborations, à boire, à manger, des crusty falafels, des fêtes, des gueules de bois, des jours sans voix... Tout ça sur fond d’amitiés fortes (ou profondes).

Cette année nous avons réalisé un journal. Ce journal est le résultat d’un travail collaboratif important. Il a pour but de permettre la transmission d’informations qui n’ont pas leur place dans les média de la désinformation.
Parce que cette transmission n’a pas de prix, ce journal est donc gratuit.
Vous pouvez le télécharger ici

[AVATARIUM #14] LE JOURNAL DU FESTIVAL

AVATARIUM #14 : "TRANSMISSION"

transmission : nom féminin (latin transmissio, de transmittere, transporter)
Synonymes : cession, circulation, communication, contagion, contamination, inoculation, passation, propagation, transfert....

De par son passé ouvrier et prolétaire, Saint-Etienne, avant tout connue pour être en "communion" avec son équipe de foot, est également une citée militante et bruyante loin des jeux du cirque.

Dès le début des années 80, Vinyles et K7 punk, rock, indus, reggae, … furent discrètement introduits via "Blue Note", un des premiers disquaires indépendants stéphanois, relayé ensuite par la Discothèque. Ces sons impures purent alors se répandre dans toute la ville tels des virus, disséminés par de dangereux pirates armés alors de magnétophones ou sur les ondes de SWK, la radio rock locale légalisée en 1981 (avec Radio Dio).

Quasiment dans le même temps, le label Kronchtadt Tapes, alimentait le mouvement alternatif français naissant avec les premières autoproductions de groupes aujourd’hui entrés dans l’histoire comme Babylon Fighters avec son rub-a-dub des crassiers mais aussi OTH, Single Track, ... Les héros du peuple devenaient immortels... et allaient se produire dans des bars improbables et surchauffés comme l’emblématique "Armaggedon" et un peu plus tard le Mistral Gagnant, l’Entre-Pots, ... jusqu’à aujourd’hui l’Assomoir, le Ramina Grobis, ou le Misanthrope.

Le feu était devenu un brasier et plus rien ne pouvait l’arrêter. Les "garagnas" [1] avaient grandi et s’organisaient : concerts, fanzines, labels, ... avec, pour et dans le désordre, Mad’s Collectif, Toto n’aime pas la soupe, le quartier du soleil et ses "garennes", Sauf Imprévu, NRV prod, Association de Malfaiteurs, Tranzophobia, Violence, Meantime, Bangarang, …
Depuis, la ville gronde en permanence. Une foultitude de groupes [2] locaux protéiformes émergent et prennent la "scène" avant de disparaître. La transmission de ces cultures rebelles et urbaines est toujours au service, d’une façon ou d’une autre, de la lutte contre les discriminations et les inégalités. Aujourd’hui, la récente "Gueule Noire" représente parfaitement cette convergence culture/lutte en proposant à Saint-Etienne un lieu autogéré réellement utile et ultra actif culturellement.

Nous inscrivant modestement dans cette histoire tels des clowns électriques de la société du spectacle, nous tentons avec AVATARIA et son festival AVATARIUM de dignement représenter ces cultures tout en tentant toujours d’ouvrir de nouveaux espaces d’échanges, de créativité, de visibilité et d’expressions. La transmission n’est pas a sens unique. Les collectifs plus "jeunes" comme "La France Pue", "Univers Soul", "Les créations du cranes", … nous ont permis, en participant au festival, de lui donner encore une autre dimension culturelle et également humaine.

Nous mesurons le privilège incommensurable que nous avons de pouvoir nous exprimer dans un lieu comme le Musée de la Mine où chaque mur, chargé d’histoire, nous parle... Nous ne serons jamais à notre place dans un de ces lieux modernes qui confondent souvent distraction, culture et consommation.

PS : pardon aux fantômes du passé et du présent oubliés dans cet article...

[AVATARIUM #14] PROGRAMME COMPLET / RENSEIGNEMENTS


 

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